Le poids du paradoxe dans les productions instrumentales et chansonnières des soldats de la Grande Guerre
2013
Claude Ribouillault

Extrait de : "Temps de la guerre versus temps de la paix : l'expression musicale comme agent du lien social (édition électronique)"
Sous la direction de Marie-Barbara LE GONIDEC
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011

Marie-Barbara LE GONIDEC, Claude RIBOUILLAUT, Éric SAUDA, Patrice MARCILLOUX, Vanessa ALBERTI, Dima SABER et Walid El HOURI, Mylène PARDOEN
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 9-32
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La Grande Guerre nous a laissé des violons ou des mandolines fabriqués avec les moyens du bord par les Poilus. Certains, plus ou moins conformes aux modèles, utilisent des objets détournés et constituent autant de « métaphores » (boîte = caisse de résonance, planche = manche...). Ainsi ces mandolines-casques confient-elles la musique à des outils de guerre et, lus largement, ces boîtes à cigares et manches à balai, en célébrant les détournements, semblent combattre la perte du libre-arbitre. D’autre part, les chansons écrites par les soldats, notamment dans leurs cahiers manuscrits, utilisent comme timbres des airs à la mode, par jeu de mots ou en associant air doux et révolte, air guilleret et quotidien dramatique... Dans ces deux cas, chants et instruments, le paradoxe semble canaliser une ironie. S'il n'est pas le seul capable à lutter mentalement contre les réalités, il célèbre en tout cas l’imagination humaine à travers une des ses formes d'expression, en l'occurrence la musique. Cet article se conclut par la mise en avant de l'absurdité, un moteur paradoxal qui prendra corps dans les manifestes des mouvements artistiques de la période qui suivra l'immédiat après-guerre.