Dire la guerre en chansons : Nasser et la Nation sur les ondes de la Voix des Arabes
2013
Dima Saber, Walid El Houri

Extrait de : "Temps de la guerre versus temps de la paix : l'expression musicale comme agent du lien social (édition électronique)"
Sous la direction de Marie-Barbara LE GONIDEC
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011

Marie-Barbara LE GONIDEC, Claude RIBOUILLAUT, Éric SAUDA, Patrice MARCILLOUX, Vanessa ALBERTI, Dima SABER et Walid El HOURI, Mylène PARDOEN
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 73-82
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Lorsqu’en 1952 Gamal Abdel Nasser déclare la révolution, il met en place un puissant dispositif médiatique pour raconter les guerres de son nationalisme arabe. La radio La Voix des Arabes en était le fer de lance ; elle produisait et diffusait des journaux, des émissions et des chansons. Cet article propose d'étudier trois chants de cette période comprise entre les années 1950 et 1970, qui correspondent à trois moments du récit de la fabrication de cette Nation. En 1952, « Nous sommes le peuple » chante la révolution, en 1956 « Allahou Akbar » appelle à la mobilisation dans la guerre de Suez et en 1967, après la « grande défaite » (guerre des six jours), « Reste tu es l’espoir » tente de reconstruire la dignité de Nasser et de la Nation. Mettre l’accent sur la représentation de la guerre par la musique permet de comprendre ce conflit autrement, dans son déroulement et ses origines. De la fierté de la révolution à la mobilisation, ces chansons soutiennent le pouvoir, exaltent le patriotisme et créent des mythes qu’elles reconstituent ensuite lorsque la défaite les ébranle.