De l’analyse culturelle du paysage
2013
Jean-Luc Bonniol

Extrait de : "Analyse culturelle du paysage : penser le paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Didier Bouillon
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Jean-Luc Bonniol, Catherine Broué, Sophie Chevalier, Gaëlle Crenn, Richard Dupuis, Patricia Limido-Heulot, Emmanuel Pezrès, Michel Tamine
2013
p. 9-15
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le paysage n’est plus la catégorie descriptive qu’il était pour la géographie du début du siècle. Il est devenu un objet de recherche à part entière, objet qui reste cependant flou, du fait du mot qui le désigne, mot usé et protéiforme... À chaque usage de ce mot peut se produire un glissement sémantique, la plupart du temps incontrôlé. La complexité du « système paysage » procède pour une large part du chevauchement des grandes catégories métaphysiques traditionnelles (matériel/idéel, naturel/culturel), ce qui place au centre des préoccupations du chercheur la relation objet/sujet. Et donc, toute réflexion sur le paysage ne peut qu’être confrontée à une dualité première dont les deux facettes sont désormais bien reconnues : une réalité physique et matérielle, qui préexiste à l’homme dans le cas des paysages naturels ou qui, bien que créée par l’homme, constitue un artefact existant en dehors de lui (le paysage in situ) ; un regard qui cadre et qui filtre cette réalité (avec, au bout du compte, la création d’un paysage in visu). Cette perception du paysage ne peut être qu’organisée, informée par des valeurs : d’où la possibilité d’une analyse culturelle du paysage : notre culture paysagère informe notre perception, et permet, dans une portion d’espace, de constituer en paysage la réalité matérielle du monde...