Paysager la nature planétaire ? L’expérience des jardins planétaires et la définition d’une commune nature
2013
Gaëlle Crenn

Extrait de : "Analyse culturelle du paysage : penser le paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Didier Bouillon
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Jean-Luc Bonniol, Catherine Broué, Sophie Chevalier, Gaëlle Crenn, Richard Dupuis, Patricia Limido-Heulot, Emmanuel Pezrès, Michel Tamine
2013
p. 101-114
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Peut-on représenter la nature planétaire ? Cet article analyse deux expositions emblématiques qui ont tenté de figurer un paysage planétaire. « Le Jardin planétaire », à la grande halle de La Villette (Paris, 1999) et le Biodôme de Montréal (ouvert en 1992), où quatre écosystèmes américains sont reconstitués. Les deux expositions proposent aux visiteurs une expérience immersive, censée les sensibiliser à la nécessaire protection du patrimoine naturel commun. Inscrite dans une histoire culturelle des jardins, l’analyse de la scénographie et des usages révèle les paradoxes de la figure symbolique de la nature qui s’inscrit dans les dispositifs, nature à la fois finie (totalement appropriée et disparue) et infinie (sans étendue et saisie dans son principe). La mise à jour, en complément, du rapport singulier à la technique qui s’exprime dans ces natures reconstituées permet d’éclairer en quoi ces jardins planétaires traduisent (au double sens de transmettre et d’interpréter) une expérience contemporaine de la nature.