L’utopie d’une science préhistorique sans frontières : l’Institut de paléontologie humaine du prince Albert Ier de Monaco et la Première Guerre mondiale
2013
Arnaud Hurel

Extrait de : "L'Œuvre de paix du prince Albert Ier de Monaco (édition électronique)"
Sous la direction d'Arnaud Hurel, Thomas Fouilleron et Jacqueline Carpine-Lancre
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Jean-Rémy Bézias, Jacqueline Carpine-Lancre, Thomas Fouilleron, Arnaud Hurel, Christophe Réveillard, Méryl Sill
Éditions du CTHS
2013
p. 53-64
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Les études préhistoriques se sont primitivement structurées dans une perspective internationaliste, soutenue par le succès des congrès internationaux d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques. Le début du XXe siècle a été vécu par les préhistoriens comme une époque particulièrement propice à leurs travaux : multiplication des chantiers de fouilles, augmentation sensible du nombre de chercheurs, structuration autour des sociétés savantes. Dans ce cadre, la création, en 1910, par le prince Albert Ier de Monaco, de l’Institut de paléontologie humaine a marqué une étape fondamentale et ambitieuse en faveur de la pérennité de la recherche et de la reconnaissance officielle des études préhistoriques. La Première Guerre mondiale a mis un terme aux conditions spécifiques de ce développement et mis en lumière une mutation profonde des référents et des usages de la communauté des préhistoriens. La situation de l’Institut de paléontologie humaine à cette époque illustre cette rupture : échec du projet de Centre de recherche multinational, mise à l’écart des chercheurs appartenant à des nations belligérantes, perte de positions scientifiques à l’étranger, développement d’un discours scientifique patriotique, mise en péril de la structure sur le plan financier.