La guerre des mots. Germanophobie et opinion publique pendant la Grande Guerre : la campagne de l’Action française contre le prince et Monaco
2013
Méryl Sill

Extrait de : "L'Œuvre de paix du prince Albert Ier de Monaco (édition électronique)"
Sous la direction d'Arnaud Hurel, Thomas Fouilleron et Jacqueline Carpine-Lancre
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Jean-Rémy Bézias, Jacqueline Carpine-Lancre, Thomas Fouilleron, Arnaud Hurel, Christophe Réveillard, Méryl Sill
Éditions du CTHS
2013
p. 65-85
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’engagement dreyfusard du prince Albert Ier de Monaco, son amitié pour Guillaume II, son souhait d’une science sans frontières et sa volonté de rapprochement franco-allemand en font une cible des nationalistes français dès l’avant-guerre. Le passé « allemand » du « magicien de Monte-Carlo », fondateur de la Société des bains de mer et du Cercle des étrangers, rend d’autant plus suspecte la principauté de Monaco aux yeux de Léon Daudet. Par une « campagne de nettoyage patriotique » dans L’Action française, il s’acharne, durant toute la durée de la guerre contre le cosmopolitisme, l’immoralité des jeux du « kasino de Monte-Karlo » et le personnel « boche, emboché et proboche » de la Société des bains de mer. Cette guerre à la pointe de la plume contre la germanophilie supposée de Monaco et de son souverain suscite chez Albert Ier la proposition, mise en œuvre à la fin du conflit, de « congrès de Monaco pour favoriser le développement des stations maritimes des nations alliées ou amies ».