Des limites imperceptibles à l’exercice de la force au XVIe siècle : théorie et pratiques de la « bonne guerre » dans les armées du roi de France
2013
Benjamin Deruelle

Extrait de : "Combattre à l'époque moderne (édition électronique)"
Sous la direction de Bernard Gainot et Benjamin Deruelle
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Benjamin Deruelle, Paul Vo-Ha, Pascal Arnoux, François-Xavier Petit, Laurent Lemarchand, Guillaume Lasconjarias, Arnaud Guinier, Fadi El Hage, Nathalie Alzas, Pol Vendeville, Rémi Masson, Emilie Dosquet, Simon Surreaux
2013
p. 13-27
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le XVIe siècle est aujourd’hui considéré comme une période de transition entre deux arts de la guerre. La guerre chevaleresque – animée par la courtoisie et régie par la coutume – y céderait sa place à une guerre résolument moderne, pragmatique et encadrée par le droit des gens. Pourtant, durant toute la première modernité, la « bonne guerre », conforme à l’idéal chevaleresque, définit pour les Modernes un jus in bello issu directement des coutumes et pratiques du champ de bataille. Ce modèle de conduite sert de guide pour l’établissement de la réglementation militaire des rois de France et de ses principaux chefs de guerre. Ce passage de la coutume dans le droit positif établit les bases d’une régulation juridique de la violence entre civils et militaires. Il fixe durablement un idéal chevaleresque revisité par le XVIe siècle dans l’ethos nobiliaire et participe à la professionnalisation et à l’essor d’une identité de l’armée du roi de France.