Cesser le combat : quelques aspects de la reddition de place au XVIIe siècle
2013
Paul Vo-Ha

Extrait de : "Combattre à l'époque moderne (édition électronique)"
Sous la direction de Bernard Gainot et Benjamin Deruelle
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Benjamin Deruelle, Paul Vo-Ha, Pascal Arnoux, François-Xavier Petit, Laurent Lemarchand, Guillaume Lasconjarias, Arnaud Guinier, Fadi El Hage, Nathalie Alzas, Pol Vendeville, Rémi Masson, Emilie Dosquet, Simon Surreaux
2013
p. 28-40
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au XVIIe siècle, les villes ne sont plus prises, elles sont rendues. La reddition d’une place obéit à un cérémoniel précis qu’encadrent les « lois de la guerre ». Les scènes de sacs, si fréquentes au cours des guerres d’Italie et des affrontements confessionnels du XVIe siècle laissent place à des prises de villes réglées, à des redditions spectacles. Les vainqueurs y rendent les honneurs de la guerre aux vaincus. Les garnisons quittent les places « vies et bagues sauves » à l’issue des sièges. Au mépris de la rationalité opérationnelle, qui imposerait de neutraliser un adversaire vaincu, l’ennemi sort libre et en armes, prêt à croiser de nouveau la route de son vainqueur. Les contraintes logistiques qui pèsent sur les armées du XVIIe siècle limitent la capture des prisonniers de guerre. Elles s’associent à la crainte des représailles pour battre en brèche l’ancienne « culture du carnage » et donner naissance à une guerre réglée, insistant sur la modération à l’égard des vaincus.