L’illumination publique dans le royaume de France : un instrument de l’ordre public ?
2014
Sophie RECULIN

Extrait de : "Ordonner et régénérer la ville : entre modernités et révolutions (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-Luc CHAPPEY
Avec la collaboration de Vincent DENIS et Jean DUMA
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012

Françoise BAYARD, Fanny MION-MOUTON, Pascal EVEN, Ségolène de DAINVILLE-BARBICHE, Sophie RECLIN, Camille SALLÉ, Bernard BODINIER, Tatiana BAILLEUL, Lionel TRANI, Nicolas MEYNEN
Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 81-92
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La première illumination publique dans le royaume de France est parisienne. Deux médailles commémorent cet établissement voulu par Louis XIV en 1666, imposé dans les principales villes de province en 1697. Mais les municipalités résistent à une mesure qui permet surtout de renflouer les caisses du trésor royal, jugeant l’installation de lanternes onéreuse et inutile. Une partie des riverains exprime leur hostilité à l’illumination publique par le vandalisme. En dépit de ces premières réticences, les lanternes réussissent leur intégration dans la ville. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle tandis que les réverbères se multiplient autour des lieux de loisirs, les habitants restés jusque-là relativement silencieux, recourent aux autorités urbaines pour installer des réverbères dans les rues sous-équipées. En définitive, par l’ombre qu’il crée et la ségrégation qu’il entraîne, l’établissement de l’éclairage public est à l’origine du sentiment d’insécurité dans les quartiers restés obscurs.