Ordonner et régénérer la ville : entre modernités et révolutions (édition électronique)
2014
Sous la direction de Jean-Luc CHAPPEY
Avec la collaboration de Vincent DENIS et Jean DUMA
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012

Françoise BAYARD, Fanny MION-MOUTON, Pascal EVEN, Ségolène de DAINVILLE-BARBICHE, Sophie RECLIN, Camille SALLÉ, Bernard BODINIER, Tatiana BAILLEUL, Lionel TRANI, Nicolas MEYNEN
155 p. I 21 x 29.7 I ill.
ISSN : 1773-0899
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Entre le XVIe et le début du XIXesiècle, l’affirmation du pouvoir de la ville et des citadins sur le territoire du royaume, puis de la nation, justifie le fait que l’espace urbain s’impose comme la scène centrale où se joue la confrontation entre les différentes institutions de pouvoir. On pourrait ainsi mettre au jour une évolution entre l’inscription dans la ville du XVIIe siècle d’une souveraineté politique (ou de souverainetés concurrentes) dont témoignent un décor et un réseau de symboles comme peuvent l’être les places royales de Lyon (Françoise Bayard) et le pouvoir d’une police médicale qui tend à s’affirmer, tout au long du XVIIIesiècle, selon des procédures analysées dans plusieurs contributions, autant à travers le rôle joué par des institutions hospitalières (Pascal Even, Fanny Mion Mouton) que dans les réflexions qui se cristallisent autour du déplacement des cimetières (Ségolène de Dainville-Barbiche, René Plessix). Certes, l’on constate des déplacements et des mutations tout au long de la période : la concurrence pour la conquête et le contrôle de l’espace urbain entre les instances religieuses et les pouvoirs militaires et municipaux se complexifie progressivement avec l’affirmation grandissante d’autres instances incarnées, par exemple, par la force de police ou le pouvoir médical. Les luttes ou, à l’inverse, les collaborations qui peuvent naître entre ces différents acteurs expliquent largement les mutations de l’espace urbain. Mais, loin de suivre un processus linéaire, ces logiques sont au contraire toujours susceptibles de retours en arrière ou de mises en cause qui justifient la nécessité de toujours prendre en compte le caractère pragmatique des processus de mises en ordre.

Si les différents auteurs des contributions ont souvent privilégié l’étude des modalités de mise en ordre produites par une instance particulière (la médecine hygiéniste, l’armée, l’Église ou la police), ils ont cherché à mesurer les actions – plus ou moins efficaces – de ces instances non seulement sur les formes d’aménagement du paysage (déplacements des cimetières, illumination des rues comme le montre Sophie Reculin) mais aussi sur les pratiques et les usages de la ville par les différents groupes sociaux qui coexistent au sein d’un même territoire. On sait en effet que dès le xviie siècle, la ville s’impose comme un objet de spéculation scientifique: il s’agit de la quadriller, de la mesurer, de la cartographier et d’en faire l’inventaire de manière la plus exhaustive. Les « savants » (médecins, ingénieurs) s’imposent progressivement comme des acteurs majeurs dans les différents aménagements ou transformations des espaces urbains (création des hôpitaux, régulations des voies d’eau, voiries, déplacement des cimetières, problème de sécurité alimentaire). Dans la perspective de ce volume, il s’agit d’inscrire ces opérations dans des enjeux relevant plus de l’histoire politique et sociale : comment les savants participent d’un processus de mise en ordre du paysage urbain qui s’inscrit dans des enjeux plus généraux de « gouvernementalité » ?
Table des matières :
Introduction, Jean-Luc Chappey & Vincent Denis Espaces urbains et ordre(s) public(s) entre modernités et révolutions (xviie – début xixe siècle) p. 5-13 Françoise Bayard Les places de Lyon à l’époque moderne p. 14-27 Fanny Mion... (lire la suite...)
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1- Le combat contre l’insalubrité, acteur de transformation de la ville au XVIIIe siècle : l’exemple du port de La Rochelle
Pascal EVEN
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2- Constitution de lieu et mise en ordre : le boulevard du Temple, un espace policé (1750-1788)
Camille SALLÉ
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3- L'hôpital des Incurables de Paris au faubourg Saint-Germain-des-Prés : entre structuration spatiale, assainissement urbain et ordre public
Fanny MION MOUTON
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4- Les cimetières à Paris au XVIIIe siècle : problèmes d’odeurs et de salubrité publique
Ségolène de DAINVILLE-BARBICHE
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5- Les enjeux de la reconversion des couvents nationalisés sous la Révolution française : le cas du Grand Couvent des Cordeliers de Paris (fin XVIIIe-début XIXe siècle)
Tatiana BAILLEUL
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6- Les places de Lyon à l’époque moderne
Françoise BAYARD
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7- L’illumination publique dans le royaume de France : un instrument de l’ordre public ?
Sophie RECULIN
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8- Ordonner et régénérer l’ordre urbain tropical : les projets de ségrégation spatiale à la Martinique de 1802 à 1809
Lionel TRANI
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9- Le transfert des cimetières des petites villes de l'Anjou et du Maine (XVIIIe-XIXe siècle)
René PLESSIX
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10- Vente des biens nationaux et urbanisme sous la Révolution
Bernard BODINIER
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