Un acteur oublié de la composition urbaine : l’armée dans la ville (Bordeaux, XIXesiècle)
2014
Nicolas Meynen

Extrait de : "Ordonner et régénérer l’ordre urbain tropical : les projets de ségrégation spatiale à la Martinique de 1802 à 1809 "
Lionel TRANI
2014
p. 140-155
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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De nombreuses villes françaises comptent sur leur territoire des emprises militaires importantes (casernes, hôpitaux, magasins, etc.) qui offrent, une fois les services retirés, la perspective de projets de reconversion ou de réalisation de nouveaux quartiers d’habitat, en correspondance avec les besoins contemporains de la ville et de l’agglomération. Ilots fonciers plein de promesses pour nous aujourd’hui, l’implantation des édifices militaires au cours du XIXesiècle est un marqueur fort du paysage urbain. La superficie nécessaire pouvant dépasser 10 hectares, les terrains disponibles à moindre coût sont trouvés, après de longs pourparlers avec les autorités civiles, en lisière du centre, mais à son contact pour des raisons d’ordre public. Entourées d’une clôture, grevées de servitudes, ces constructions sont rattrapées au fil du temps par la ville. Le paysage urbain se trouve ainsi confronté à des espaces nouveaux et à des édifices militaires avec lesquels il doit composer. À travers le cas de Bordeaux, notre propos montre que si le militaire n’occupe qu’une place restreinte dans la ville au début du XIXesiècle, son emprise croissante conditionne voire structure profondément des pans du tissu urbain.