Bœufs, moutons et chèvres à Kerma (Soudan) entre 2600 et 1500 av. J.-C. dans l’économie et les rites funéraires
Contraintes environnementales et démographiques - 2014
Louis Chaix

Extrait de : "Histoire de l’alimentation humaine : entre choix et contraintes (édition électronique)"
Sous la direction de Sandrine COSTAMAGNO ; 138e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013

Émilie Gauthier, Vincent Bichet, Charly Massa, Bianca Perren, Hervé Richard, Louis Chaix, Frédéric Alexandre, Alain Génin, José Luis San Emeterio, Marie Derreumaux, Benoît Clavel, Christine Cercy, Yvon Dreano, Anne Bardot-Cambot & Vianney Forest, Marie-Yvane Daire, Loïc Langouët, Sandrine Costamagno, Jean-Philippe Rigaud, Marie-Cécile Soulier, Delphine Kuntz, Jessica Lacarrière, Jean-Christophe Castel, Céline Bemilli, Miguel Biard, Christine Chaussé, Klet Donnart, Yves Truel, Pierre-Emmanuel Paris, Florian Jedrusiak, Nolwenn Kerbastard, Marie-Madeleine de Cevins, Noëlle Icard, Anne-Violaine Szabados, Sophie Dulucq, Célimène Mussini, Olivier Buchsenschutz, Véronique Zech-Matterne, Pierre Mathelart, Alessio Bandelli, Ginette Auxiette, Christiane Demeulenaere-Douyère, Sophie Bresc-Litzler
Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 26-40
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Kerma, capitale d’un vaste et puissant royaume au nord du Soudan qui s’est développé entre 2600 et 1500 ans avant J., témoigne d’une culture avancée, mêlant influences africaines et égyptiennes. Les fouilles ont livré d’abondants ossements animaux. Dans la ville, les vestiges mis au jour permettent de se faire une bonne idée de l’alimentation carnée des habitants. La nécropole livre les restes d’animaux domestiques liés aux rites funéraires.
L’alimentation carnée à Kerma est basée essentiellement sur le bœuf et les caprinés domestiques. L’étude diachronique montre que le bœuf perd progressivement de l’importance au profit des moutons et des chèvres entre le Kerma ancien (2600-2050 av. J.-C.) et le Kerma classique (1750-1500 av. J.-C.). Dans la nécropole, des caprinés sont déposés entiers dans la tombe alors que le bœuf est symbolisé par des bucranes disposés en croissant au sud du tumulus ; leur nombre peut dépasser 5000. À la fin du Kerma moyen, vers 1800 av. J.-C., les bucranes deviennent rares et les grandes tombes du Kerma classique n’en livrent que quelques dizaines. Parallèlement les « morts d’accompagnement » sont plus nombreux, plusieurs centaines dans des grands tumuli. Il semble probable que l’aridification progressive de la zone dès 2200 avant J., liée à un accroissement considérable des populations humaines, puissent expliquer la raréfaction du bœuf alors que moutons et chèvres deviennent les éléments dominants du cheptel, comme encore aujourd’hui.