La pratique du jeûne à la fin du Moyen Âge : l’exemple des mystiques pèlerines
2014
Nolwenn Kerbastard

Extrait de : "Histoire de l’alimentation humaine : entre choix et contraintes (édition électronique)"
Sous la direction de Sandrine COSTAMAGNO ; 138e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013

Émilie Gauthier, Vincent Bichet, Charly Massa, Bianca Perren, Hervé Richard, Louis Chaix, Frédéric Alexandre, Alain Génin, José Luis San Emeterio, Marie Derreumaux, Benoît Clavel, Christine Cercy, Yvon Dreano, Anne Bardot-Cambot & Vianney Forest, Marie-Yvane Daire, Loïc Langouët, Sandrine Costamagno, Jean-Philippe Rigaud, Marie-Cécile Soulier, Delphine Kuntz, Jessica Lacarrière, Jean-Christophe Castel, Céline Bemilli, Miguel Biard, Christine Chaussé, Klet Donnart, Yves Truel, Pierre-Emmanuel Paris, Florian Jedrusiak, Nolwenn Kerbastard, Marie-Madeleine de Cevins, Noëlle Icard, Anne-Violaine Szabados, Sophie Dulucq, Célimène Mussini, Olivier Buchsenschutz, Véronique Zech-Matterne, Pierre Mathelart, Alessio Bandelli, Ginette Auxiette, Christiane Demeulenaere-Douyère, Sophie Bresc-Litzler
Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 229-237
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Au Moyen Âge, le quotidien est rythmé par l’omniprésence de la religion chrétienne, et ce jusque dans les pratiques alimentaires : le jeûne, conçu comme un acte purificatoire menant au salut de l’âme, apparaît ainsi comme une réalité de la vie de chacun (Jésus lui-même, selon les Évangiles, n’a-t-il pas jeûné durant les quarante jours et quarante nuits passés dans le désert ?), que ce soit lors du Vendredi saint ou dans le cadre d’une pénitence imposée. Toutefois, certaines figures religieuses en font un usage parfois excessif : en témoigne l’exemple de ces femmes mystiques de la fin du Moyen Âge qui, à l’image de sainte Brigitte de Suède, Dorothée de Montau ou encore Margery Kempe, en font un élément essentiel de leur quête de Dieu. À travers ces Vies de saints dont l’époque est friande, force est de constater que le jeûne est associé à la sainteté, en particulier durant les derniers siècles du Moyen Âge qui tendent vers une piété plus ascétique et « douloureuse », et où il s’agit de revivre dans sa chair les souffrances endurées par le Christ. Plus encore, il semble que la pratique s’inscrive durant cette même époque comme une spécificité davantage féminine. Témoignage d’une piété féminine s’exprimant désormais à travers le corps, seul aspect de sa vie sur lequel la femme ait véritablement prise, le jeûne s’inscrit ainsi comme une réalité fondamentale dans la pratique alimentaire des derniers siècles du Moyen Âge.