Le poisson dans la Grèce ancienne : un aliment déconsidéré ?
2014
Noëlle Icard, Anne-Violaine Szabados

Extrait de : "Histoire de l’alimentation humaine : entre choix et contraintes (édition électronique)"
Sous la direction de Sandrine COSTAMAGNO ; 138e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013

Émilie Gauthier, Vincent Bichet, Charly Massa, Bianca Perren, Hervé Richard, Louis Chaix, Frédéric Alexandre, Alain Génin, José Luis San Emeterio, Marie Derreumaux, Benoît Clavel, Christine Cercy, Yvon Dreano, Anne Bardot-Cambot & Vianney Forest, Marie-Yvane Daire, Loïc Langouët, Sandrine Costamagno, Jean-Philippe Rigaud, Marie-Cécile Soulier, Delphine Kuntz, Jessica Lacarrière, Jean-Christophe Castel, Céline Bemilli, Miguel Biard, Christine Chaussé, Klet Donnart, Yves Truel, Pierre-Emmanuel Paris, Florian Jedrusiak, Nolwenn Kerbastard, Marie-Madeleine de Cevins, Noëlle Icard, Anne-Violaine Szabados, Sophie Dulucq, Célimène Mussini, Olivier Buchsenschutz, Véronique Zech-Matterne, Pierre Mathelart, Alessio Bandelli, Ginette Auxiette, Christiane Demeulenaere-Douyère, Sophie Bresc-Litzler
Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 250-264
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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L’étude de la documentation archéologique, iconographique et textuelle révèle une image paradoxale de la consommation de poisson dans l’antiquité grecque. S’il apparaît que la pêche offrait une ressource alimentaire non négligeable et jouait un rôle important dans l’économie des cités côtières ou des sanctuaires, la tradition littéraire fait du poisson une nourriture de survie, liée à la pauvreté, voire à la barbarie, en opposition au régime des héros composé de viande et de pain, deux aliments liés au sacrifice et à la civilisation.
Plusieurs philosophes, notamment les Pythagoriciens, répugnent à la consommation de poisson, parce qu’impur ou trop proche de l’homme. Des motifs religieux ont aussi mené à l’interdiction ou à la règlementation de la consommation d’espèces aquatiques en raison du lien qu’elles avaient avec des divinités telles Hécate ou Artémis. Les notions de poissons « sacrés » et « consacrés » sont en effet répandues tout autour de la Méditerranée. À ces interdictions souvent locales s’ajoutent des limitations imposées au personnel de culte ou des abstinences temporaires comme à Délos.