L’imaginaire du cannibalisme
Anthropophagie, alimentation et colonisation en France à la fin du XIXe siècle - 2014
Sophie Dulucq

Extrait de : "Histoire de l’alimentation humaine : entre choix et contraintes (édition électronique)"
Sous la direction de Sandrine COSTAMAGNO ; 138e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013

Émilie Gauthier, Vincent Bichet, Charly Massa, Bianca Perren, Hervé Richard, Louis Chaix, Frédéric Alexandre, Alain Génin, José Luis San Emeterio, Marie Derreumaux, Benoît Clavel, Christine Cercy, Yvon Dreano, Anne Bardot-Cambot & Vianney Forest, Marie-Yvane Daire, Loïc Langouët, Sandrine Costamagno, Jean-Philippe Rigaud, Marie-Cécile Soulier, Delphine Kuntz, Jessica Lacarrière, Jean-Christophe Castel, Céline Bemilli, Miguel Biard, Christine Chaussé, Klet Donnart, Yves Truel, Pierre-Emmanuel Paris, Florian Jedrusiak, Nolwenn Kerbastard, Marie-Madeleine de Cevins, Noëlle Icard, Anne-Violaine Szabados, Sophie Dulucq, Célimène Mussini, Olivier Buchsenschutz, Véronique Zech-Matterne, Pierre Mathelart, Alessio Bandelli, Ginette Auxiette, Christiane Demeulenaere-Douyère, Sophie Bresc-Litzler
Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 265-271
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Prétexte à légitimer la « mission civilisatrice » des Européens, l’anthropophagie donne libre cours, à partir du milieu du XIXe siècle, à un abondant discours moralisateur, sur fond de forte expansion coloniale. En France, la fascination pour le fait cannibale concerne tout autant les discours et les représentations populaires (récits, iconographie) que la réflexion savante. On établit alors volontiers un lien causal entre nécessité alimentaire et ingestion de chair humaine. Ce recours à une explication nutritionnelle apparaît comme un travail de rationalisation et de mise à distance des colonisés, renvoyés à une irréductible primitivité.