Les « soupes communistes » dans les grèves de la Belle Époque (1900-1914)
2015
Serge Bianchi

Extrait de : "Tous à table ! Repas et convivialité (édition électronique)"
Sous la direction de Christiane Demeulenaere-Douyère
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Françoise Bayard, Serge Bianchi, Cécile Bouet, Catherine Chadefaud, Benoît Clavel, Christophe Cloquier, Hubert Delorme, Laure Gevertz, Arbia Hilali, Jean-Loup Lemaitre, Jérôme Louis, Federica Masè, Gersende Piernas
Éditions du CTHS
2015
p. 27-43
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les années 1900 constituent un moment particulier de l’histoire des conflits du travail dans la société française. Au cours des grèves qui rythment la période, du « printemps rouge » de Limoges (en 1905) aux grèves sanglantes de Draveil-Vigneux en 1908, la pratique des « soupes communistes » se développe et se structure. Nous nous attacherons dans cet article à analyser les aspects caractéristiques de ces repas pris en commun par les grévistes syndicalisés : financement, composantes, organisation, fréquentation, mobilisation. Nous tenterons d’établir un corpus de la documentation (archives, littérature, illustrations, historiographie) relative à ce mode de fonctionnement si fréquent dans les grèves de la Belle Époque. Celle-ci est paradoxalement une époque de structuration et de maturation de la classe ouvrière, en liaison avec le développement du syndicalisme révolutionnaire et d’institutions favorisant cette pratique : soutien de la presse de gauche, des coopératives, voire d’une partie des populations locales confrontées à ces conflits du travail et à la lutte des classes.