La commensalité, une forme de construction symbolique de l’identité et de la solidarité collective : l’exemple des corps de métier londoniens à la fin du Moyen Âge
2015
Laure Gevertz

Extrait de : "Tous à table ! Repas et convivialité (édition électronique)"
Sous la direction de Christiane Demeulenaere-Douyère
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Françoise Bayard, Serge Bianchi, Cécile Bouet, Catherine Chadefaud, Benoît Clavel, Christophe Cloquier, Hubert Delorme, Laure Gevertz, Arbia Hilali, Jean-Loup Lemaitre, Jérôme Louis, Federica Masè, Gersende Piernas
Éditions du CTHS
2015
p. 111-118
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La commensalité s’inscrit au cœur des pratiques de sociabilité mises en œuvre par les corps de métier londoniens à la fin du Moyen Âge. Le repas organisé chaque année lors de l’élection des nouveaux dirigeants permet de délimiter symboliquement les contours de la communauté professionnelle en regroupant en un même lieu l’intégralité de ses membres. La multiplicité des statuts réglementant la présence des convives, le volume des dépenses engendrées par la fête et l’attention portée au choix des mets qui y sont servis témoignent de l’importance donnée à l’événement. Le partage ritualisé de nourriture qui s’y opère contribue à resserrer les liens fraternels et participe à la définition et à l’affirmation d’une forme d’identité collective qui transcende les hiérarchies sociales. Il apparaît comme un instrument tellement efficace qu’il est employé pour rappeler la cohésion du groupe quand un membre décède ou pour rétablir l’unité en cas de conflit interne.