Les repas des fêtes : à la table du monastère de San Giorgio Maggiore à Venise pour la Saint-Étienne entre la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne
2015
Federica Masè

Extrait de : "Tous à table ! Repas et convivialité (édition électronique)"
Sous la direction de Christiane Demeulenaere-Douyère
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Françoise Bayard, Serge Bianchi, Cécile Bouet, Catherine Chadefaud, Benoît Clavel, Christophe Cloquier, Hubert Delorme, Laure Gevertz, Arbia Hilali, Jean-Loup Lemaitre, Jérôme Louis, Federica Masè, Gersende Piernas
Éditions du CTHS
2015
p. 163-172
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Un petit dossier des archives du monastère de San Giorgio Maggiore de Venise est centré autour d’un acte notarié de 1562 par lequel une partie de la cour du doge accepte de recevoir des moines, chaque année, une somme en argent à la place de la collation servie au monastère le jour de la Saint-Étienne, après les processions ducales. Suit une liste des officiers de la cour à dédommager, des mets qui leur sont attribués selon leur rang, avec leur équivalent en monnaie. La collation est supprimée, mais les processions sont maintenues pour rappeler le lien privilégié entre le doge et le monastère. Le dédommagement modeste destiné uniquement aux plus humbles de la cour sert néanmoins à rappeler la domination que le doge exerce sur le monastère de fondation ducale. La véritable raison de la suppression n’est pas spirituelle, la paix du cloître invoquée, mais matérielle, les travaux de rénovation du monastère par Palladio. On dévoile ainsi un des aspects de la signification sociale et symbolique dévolue à la nourriture dans la Venise de la Renaissance.