Les Italiens : un peuple nature ? La cuisine ethnique comme indice de sauvagerie
2016
Céline Emery

Extrait de : "Manger moral, manger sauvage ? (édition électronique)"
Sous la direction de Sergio Dalla Bernardina
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Catherine-Marie Dubreuil, Céline Emery, Yassine Kervella-Mansaré, Émilie Mariat-Roy, Maxime Michaud, Deborah Nadal, Christelle Pineau, Fabien Riera, Rita Vianello
Éditions du CTHS
2016
p. 51-60
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La réappropriation d’une culture italienne mise à mal par les stratégies d’intégration des ancêtres migrants se traduit chez les descendants par une recherche de savoir-faire et savoir-être identifiés comme résolument italiens. L’alimentation est à ce titre un espace privilégié d’appropriation de la culture dite d’origine. Force est de constater que la polenta, plat typique de l’Italie du Nord, ne suscite pas l’enthousiasme attendu. Boudée, voire inconnue, la bouillie de maïs est délaissée au profit de plats plus méridionaux mais dont l’italianité (parfois à tort) est davantage plébiscitée. Car si la polenta est un plat incontournable des régions d’origine de mes témoins, elle est également le symbole de la misère et de l’archaïsme de ses consommateurs initiaux.