Vins vivants : à l’abreuvoir de la nature
2016
Christelle Pineau

Extrait de : "Manger moral, manger sauvage ? (édition électronique)"
Sous la direction de Sergio Dalla Bernardina
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Catherine-Marie Dubreuil, Céline Emery, Yassine Kervella-Mansaré, Émilie Mariat-Roy, Maxime Michaud, Deborah Nadal, Christelle Pineau, Fabien Riera, Rita Vianello
Éditions du CTHS
2016
p. 63-77
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Un courant émergent prend place dans le paysage vitivinicole – en France notamment : celui de professionnels s’engageant dans la production et la diffusion de vins biologiques, biodynamiques, naturels. Dans ces trois démarches, différents degrés d’investissement existent et les pratiques peuvent s’interpénétrer. Mais la rhétorique reste identique, elle est fondée sur le mythe du retour à la nature, au nom du goût et de la santé. La nature des origines est ainsi recherchée et elle se voit doter de pouvoirs ontologiques. Ces vignerons entendent mettre au jour des produits épurés et limitent leurs actions directes sur la nature. Les intrants chimiques, alliés objectifs de l’immense majorité des producteurs de vin aujourd’hui dans le monde, ont, chez les Nature, le statut d’ennemi. Aux vins conventionnels corsetés par la technique et le progrès s’opposent des vins qualifiés de vivants, difficiles à apprivoiser. Ces vins et les chemins empruntés pour les élaborer côtoient le registre du sauvage.