Alimentation et projets de survie entre restriction et contrôle global : la tendance orthorexique et le régime paléolithique
2016
Catherine-Marie Dubreuil

Extrait de : "Manger moral, manger sauvage ? (édition électronique)"
Sous la direction de Sergio Dalla Bernardina
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Catherine-Marie Dubreuil, Céline Emery, Yassine Kervella-Mansaré, Émilie Mariat-Roy, Maxime Michaud, Deborah Nadal, Christelle Pineau, Fabien Riera, Rita Vianello
Éditions du CTHS
2016
p. 103-117
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Réformer sa vie par la nourriture : tel est le projet de ceux qui adoptent les régimes orthorexique et paléolithique, destinés à procurer bien-être et efficacité. Ce plan de régénération dépasse l’aspect alimentaire, il est lié au rejet du monde occidentalisé contemporain. Il est associé à un mode de vie, surtout dans la version paléolithique, où l’homme préhistorique fantasmé incarne un modèle à suivre. Pour fuir une société considérée comme pathogène, les adeptes convertis amorcent un itinéraire de dédomestication afin de reconquérir le sauvage qui est en eux. Passer du régime « paléo » au plan survivaliste correspond à un dessein global : retrouver la maîtrise de soi pour être capable, si besoin, de faire face à des situations inconnues et dangereuses. Un puissant sentiment d’insécurité les pousse à anticiper une situation de survie qui est, à leurs yeux, inéluctable : un chaos planétaire va bientôt plonger le monde dans la confusion, seuls les mieux préparés survivront.