Étude anthropologique de l’alimentation lors du tambruya à Abidjan (Côte d’Ivoire)
2016
Francis Adiko A., Léopold Yao Y. et Jean-François Grongnet

Extrait de : "Les Mangeurs du XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Claudine Vassas
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013
Textes de Francis Adiko A., Roseline Bouchard, Albert Giraud, Jean-François Grongnet, Déborah Kessler-Bilthauer, Christophe Lavelle, Silvia Pérez-Vitoria, Pierre Raffard, Pacôme Tsamoye, Léopold Yao Y.
2016
p. 57-68
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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En Côte d’Ivoire, chez les Ébrié, l’embonpoint est apprécié et justifie l’engraissement des femmes après l’accouchement pendant trois mois. Les accouchées sont livrées aux soins permanents et attentifs de femmes d’expérience qui leur assurent une sustentation en aliments très énergétiques leur garantissant la santé, l’embonpoint et la beauté dont la résultante est le tambruya. Nos résultats montrent que le processus d’ethnicisation de l’alimentation chez les Ébrié passe par la valorisation puis l’appropriation du gras et du sucré et par la stigmatisation de l’alimentation légère. Mais c’est à travers les injonctions d’une assistante qu’une attitude mentale d’acceptation à la suralimentation, génèrant une obésité socialement valorisée, est suscitée chez les tambruya. Cependant, la perception des risques de santé associés à l’obésité, influencée par des facteurs socioculturels, génère des peurs alimentaires expliquant la prise de conscience récente des groupes sociaux concernés.