Représentations et alimentation : Arts et pratiques alimentaires (édition électronique)
2015
Sous la direction de Dominique POULOT
138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Rennes, 2013

Marlène DELSOUILLER, Delphine DURAND, Sandrine KRIKORIAN
44 p. I 21 x 29,7 I ill.
ISSN : 1773-0899
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Ce volume, dans sa diversité, témoigne d’un ensemble de réflexions communes à propos des représentations artistiques des nourritures terrestres et idéelles : les pratiques alimentaires manifestent une satisfaction, une plénitude, ou, au contraire, un mal-être, un échec ou un défaut, non seulement dans le rapport corporel, mais dans les principes. La privation de nourriture, ou au contraire son excès, révèlent et expriment à cet égard un état ou une position critique, et la perversion alimentaire est un vice, un blasphème ou un dérèglement apocalyptique. Les représentations de la nourriture tiennent un discours sur les valeurs et les bénéfices d’une vie vertueuse et d’une communauté en équilibre. À travers les bons usages, la consommation de nourriture témoigne de l’obéissance due aux autorités naturelles et spirituelles, comme de la participation à une communauté sociale. Le partage des plats dépasse, dans l’art médiéval et moderne de la chrétienté occidentale, la réalité exclusivement matérielle. À l’époque contemporaine, c’est peut-être Léon Bloy dans sa féroce exégèse des lieux communs qui se fit le témoin le plus remarquable d’une tradition perdue et de ses ressources polémiques contre le « bourgeois » – notamment à l’article « Il faut manger pour vivre » : « Je ne demande pas mieux que de manger, dit un pauvre diable, bien que la vie ne me soit pas douce, mais encore faut-il que j’aie quelque chose à me mettre sous la dent ». 

Comment ne pas évoquer, en guise de conclusion de ces lectures à propos de représentations des nourritures, l’inscription du « repas gastronomique français » sur la liste UNESCO du patrimoine culturel immatériel ? La décision relève d’un mouvement significatif, puisque « le nombre des éléments relevant de la sphère culinaire protégés par l’UNESCO a fait plus que doubler à la session 2013 du patrimoine culturel immatériel », même si cette augmentation brutale n’est que le reflet d’une place extrêmement réduite du fait culinaire dans la liste : dix éléments sur près de 300 en décembre 2013. Mais l’élément immatériel français a ceci d’extraordinaire qu’il ne s’agit pas d’un mets particulier, d’un style de cuisine, non plus que d’un repas de commémoration ou de fête. Cette inscription se légitime d’une culture du goût, justifiée par la tradition écrite de la haute gastronomie et des arts de la table autant que par l’évocation des produits de terroir pour, à la fois, défendre l’alimentation à la française et promouvoir un système alimentaire durable. Les arts plastiques n’ont guère été convoqués à cette occasion, mais on peut penser qu’ils auraient pu l’être avantageusement, à considérer les pistes ouvertes ici.
Table des matières :
Introduction, Dominique Poulot p. 5

Marlène Delsouiller

Trop boire et trop manger
L’iconographie de la gloutonnerie
dans l’enluminure des xive et xve siècles p. 9

Sandrine Krikorian

L’iconographie des repas du Christ en France au xve siècle p. 24

Delphine Durand

L’anthropophagie mystique dans l’art et
la littérature fin-de-siècle : signe annonciateur
d’une apocalypse p. 35
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1- L’anthropophagie mystique dans l’art et la littérature fin-de-siècle : signe annonciateur d’une apocalypse
Delphine DURAND
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2- L’iconographie des repas du Christ en France au XVIIe siècle
Sandrine KRIKORIAN
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3- Trop boire et trop manger L’iconographie de la gloutonnerie dans l’enluminure des XIVeet XVe siècles
Marlène DELSOUILLER
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